À l’occasion de la cérémonie de commémoration du 8 mai, à 11h45 aux Monument aux Morts, Alexandre Tranquille, jeune Maulois et porte-drapeaux, met en lumière un engagement précieux : celui du devoir de mémoire. À travers son témoignage, on découvre un jeune, conscient de l’héritage du passé et résolument tourné vers l’avenir.

Un jeune engagé

Maulois depuis toujours, aujourd’hui étudiant en biologie à Strasbourg, il revient régulièrement à Maule, non seulement pour retrouver ses proches, mais aussi pour honorer un engagement qui lui tient profondément à cœur. Depuis trois ans, aux côtés de son ami Mattéo, il est porte-drapeau au sein de l’Union nationale des combattants de Maule. Une fonction souvent associée aux générations plus âgées, mais que ces deux jeunes hommes incarnent avec sérieux et conviction.

Une histoire de famille tout en nuance

Derrière cet engagement, il y a une histoire personnelle. Celle des récits familiaux, transmis sans détour. Des souvenirs marqués par la Seconde Guerre mondiale, par les traumatismes, mais aussi par les actes de courage comme une grand-mère résistante, détachant des chevaux allemands en pleine nuit en Normandie. Des choix déchirants au sein d’une même famille, révélant toute la complexité d’une époque où rien n’était jamais totalement simple, ni tout à fait noir ou blanc.
« Ces histoires m’ont marqué », confie Alexandre. Elles lui ont fait comprendre que la guerre, ce n’est pas seulement des dates dans un livre, mais des vies bouleversées, des décisions difficiles, et des conséquences qui se transmettent encore aujourd’hui.
Le rôle de l’école René Coty
Un autre souvenir fondateur remonte à l’enfance. En classe de CM2, lors d’une cérémonie au monument aux morts de Maule, il chante la Marseillaise. Un moment qui le marque profondément. Au fil des années, il continue de participer aux commémorations, jusqu’au jour où, en échangeant avec une porte-drapeau, il décide à son tour de s’engager.

Un acte de reconnaissance

Porter le drapeau n’est pas un geste anodin. C’est incarner un symbole. Celui de la mémoire, du respect et de la reconnaissance envers toutes celles et ceux — soldats comme civils — qui ont sacrifié une part d’eux-mêmes pour défendre nos libertés. « C’est une grande fierté », explique-t-il. « C’est aussi une responsabilité. Celle de ne pas oublier. »
« On ne peut pas construire l’avenir en oubliant le passé. Chaque génération doit s’approprier cette mémoire, la comprendre, la transmettre. »

Dans un monde traversé par de nouvelles tensions, ce rappel prend tout son sens. Le devoir de mémoire n’est pas seulement un regard tourné vers hier. Il est un acte citoyen, profondément ancré dans le présent. Il nous rappelle que la liberté, la paix et l’unité nationale sont des équilibres précieux, construits au prix de sacrifices immenses.
À Maule, cet esprit de transmission continue de vivre, porté aujourd’hui par des jeunes comme Alexandre et Mattéo. Un engagement discret, mais essentiel.
Un engagement qui nous rappelle que derrière chaque drapeau, il y a une histoire. Et derrière chaque histoire, une responsabilité commune : ne jamais oublier.